Séance 12 du 8 novembre
Article mis en ligne le 26 octobre 2019

par Luc

Propositions pour la préparation de la séance 12 du 08 Novembre

Nous nous sommes quittés la dernière fois, sans avoir pu terminer le programme ambitieux que nous nous étions fixés, mais il faut dire que Job comme Eliphaz, nous ont emmené dans des profondeurs insoupçonnées. Nous aurions pu nous arrêter à chaque verset. Si la pièce est toujours bien sombre, on perçoit dans les interstices des portes et des fenêtres des rayons de lumière. et nous avons pu nous le dire.
On sent que ce troisième cycle de dialogue va tourner court.

La prière finale qu’Eliphaz propose à Job... quelle prière !... pourra-t-il la recevoir ?

On a pu dans nos échanges la qualifier d’une "recette miracle insupportable", on s’est même insurgés qu’Eliphaz puisse oser la mettre en avant ainsi. Comment Eliphaz peut-il à quelques secondes d’intervalle laisser sa bouche prononcer des paroles destructrices accusant Job de malices sans limite, tordre la réalité dans la pire des mauvaises foi pour ne pas remettre en cause la conviction que si l’homme souffre c’est qu’il s’est séparé de Dieu, si Job souffre et souffre tant c’est qu’il a commis le pire, comment peut il proposer à Job de revenir à Dieu. "Tu souffres ? reconnait ta faute et tout ira mieux pour toi...!!!!"
A la fin du chapitre 23 Job nous confie qu’au bout du compte, il a maintenant peur de Dieu. "Dieu fait fondre mon cœur, le tout puissant me remplit d’effroi ? Pourquoi donc !!!!

Les chapitres 23 à 25

Je ne reprends pas la méthode... que vous connaissez par coeur ! je vous laisse simplement quelques questions qu’on peut se poser en lisant ces passages. N’oubliez pas malgré tout de prendre le temps de laisser raisonner tel ou tel verset. Car, même si nous faisons collectivement l’effort d’une lecture attentive verset à verset, il faut sans cesse se rendre disponible à l’Esprit qui, pas après pas, vient atteindre le lieu en nous où se construit notre relation intime et personnelle avec celui que le Christ nous invite à nommer Père.

Quelques pistes à creuser :

Au chapitre 23, Job reprend la parole. Mais il semble ailleurs ? A qui parle-t-il ? De quoi parle-t-il ?

- le verset 2 introductif donne le ton... on retrouve le geste de la main marquant la volonté de se taire ?
- le verset 3 marque une nuance... arrêter de se plaindre pour faire quoi ? Quelle est sa conviction ?
- Les versets 8 et 9 et les suivants font entrer dans une prise de conscience : celle de l’apparente absence de DIeu, un Dieu introuvable, mais aussi celle de sa toute proximité.
- Au verset 10, l’image de l’or évoqué par Eliphas du chapitre est reprise ici dans un tout autre sens !
- Le verset 15 ! n’est-il pas étonnant... Où est Job ? que vit-il ?

Au chapitre 24, Job poursuit son argumentation.

- Par quoi commence ce chapitre ? Quelle est la question de Job ? En quoi cela introduit-il ce qui suit ?
- Noter les lieux, les moments de la journée qui sont évoqués tout au long du chapitre
- Regarder de près comment le rédacteur joue avec la lumière et les ténèbres
- Comme dans les autres chapitres, il est toujours intéressant de voir quand et comment est nommé Dieu.
- Au verset 2 on évoque des bornes qui sont déplacées ? Voir le Psaume 103 notamment au verset 9. Quel est le message que cherche à faire passer Job.
- Le verset 3 mérite d’être regardé de très près. Pousser ? Retenir ? que reste-il ?
- Le verset 12 occupe une place bien particulière ? Qu’on peut rapprocher du verset 15 et du verset 22.
- En quoi les verset 18-19 et suivants sont ils surprenants ici ? et particulièrement dans la bouche de Job. En quoi apportent-ils une réponse à la question du verset 1 ?
- En quoi le comportement dénoncé dans le verset 21 occupe-t-il une place particulière dans toute cette description ?

Le chapitre 25 ? Nous l’avons déjà noté, il introduit une rupture... radicale... le nombre de versets en témoigne, voilà un dialogue qui s’arrête net. Quand au contenu :
- où règne la paix pour Baldad ?
- quelle est sa vision de la création ?
- quelle est sa vision de l’homme ?
- et finalement à quelle vision de Dieu et de sa création se remet-il ? Il suffit de confronter avec Gn1,31, ou encore Psaume 8,5-6 pour mesurer le caractère blasphématoire des propos de Baldad. En dénigrant la création, il dénigre Dieu lui même.

Voilà, il est temps de marquer une pose après cette longue étape... Nous sommes sur la fin du troisième cycle qui va s’arrêter net et nous voyons combien les choses s’accélèrent. Job va encore intervenir, tout n’est pas terminé, mais on a déjà la sentiment qu’on va passer à autre chose. Eliphaz dans la foulée de Sophar et maintenant Baldad ont durci le ton, pousser à l’extrême les argumentations. Il svont sortir de la scène.

On passe de la frustration de voir le "méchant" s’en sortir indemne - on peut vivre sans Dieu et trés bien s’en porter - à la relation que chacun peut établir avec Dieu.

On passe du drame de voir combien la théorie de la rétribution empêche de voir la souffrance à nue ; combien elle ajoute la cruauté au malheur, combien la bonne doctrine sur Dieu peut empêcher l’écoute et fausser le regard jusqu’à tordre la réalité et aller jusqu’à dresser des accusations infondées, à la relation intime et secrète que chacun peut tisser avec Dieu lui même. Entrer dans le secret des coeurs, dans le secret d’une relation intime entre chacun et Dieu.

On reste toutefois sur une question lancinante : Pourquoi Dieu en ne punissant pas l’impie discrédite-il le juste ? pourquoi permet-il cela ? Quand viendra donc le jour de Dieu, le jour des justes ?

Au bout du compte et de ces versets, Job, ne cherche plus à contredire ses amis, il veut rencontrer le seul qui peut lui apporter la réponse, et le chapitre 23 nous montre qu’il va se déplacer, qu’il cherche à provoquer une rencontre, mais il nous dit même qu’il se trouble en Sa présence... l’aurait-il déjà trouvé ?

Dieu fait fondre mon coeur !

Job se met à nu, il se donne à voir, il insiste auprès de ses amis, "regardez moi, entrer dans un face à face avec moi", il nous fait entrer dans son intimité spirituelle, Il va donc se passer quelque chose c’est sûr.

Baldad, lui, ne voit en Job que la confirmation de sa théorie : "que dire du mortel, ce ver, du fils d’homme, ce vermisseau ! " Au chapitre 32 le texte nous dit que les trois hommes (qu’on ne qualifie plus d’amis de Job) cessèrent de répondre à Job. Tout a été dit. Même le pire.