Séance 15 du 14 février
Article mis en ligne le 15 février 2020

par Luc

Lors de la séance de Janvier, nous n’avons pas pu balayer l’ensemble du long monologue de JOB. Sur les trois chapitres, nous n’avons pas pu aborder le troisième volet.
Nous avons pu longuement échanger sur le drame spirituel que vit JOB. Il se remémore la relation féconde qu’il avait avec Dieu, qui le faisait vivre, et tout ce qu’elle produisait en lui et autour de lui. Tout cette vie n’est plus que souvenir dans l’épreuve du moment où il devient la risée de tous, ceux qui se félicitaient de lui hier le rejettent aujourd’hui en cherchant à le détruire. Le drame de Job c’est l’effondrement de toute l’harmonie du monde dans lequel il vivait. Job, nous l’avons vu, considère que c’est Dieu lui même qui porte les coups. Il interpelle Dieu qui n’est plus le Dieu des vivants mais le Dieu qui conduit à la mort.
Nous nous sommes arrêtés à cette image de la nature de l’arbre dont les racines plongent dans une eau abondante et qui peut donner son fruit. Dieu semble se retirer et voilà que Job se retrouve rejeté au fond du désert avec les chacals et les autruches.

Nous allons lors de la séance qui vient terminer ce monologue avec le dernier chapitre dans lequel Job va nous dire qu’il n’est pas responsable de ce drame. Et qu’il souhaite interpeller Dieu pour qu’il le dise. Ainsi ce termine les discours de JOB dit le texte...

Nous prendrons alors le temps dans le chapitre 32 de traiter l’arrivée d’un nouveau personnage. Elihu. Ce chapitre est court. C’est une introduction qui donne le LA. Tout commence par une Sainte colère... qui met un terme à un dialogue sans issue. Le verset 15 est clair : "les voilà interdits, ils ne répondent rien, la parole leur fait défaut".

Je vous remets ici les propositions de lecture du chapitre 31 et celles de l’introduction de :

Chapitre 31

Ce chapitre est très rythmé, avec les nombreux « si… que », c’est un des sommets de l’Ancien testament qui décrit la traduction morale, l’exigence éthique, qui découle de la relation que le Peuple entretient avec Dieu dans le cadre de l’Alliance. Job reprend ici de nombreuses exigences mais il les pousse à l’extrême tant sur le contenu, la liste est longue, sans fin ?, que sur la manière de les vivre, allant de l’acte à l’intention même. Il propose là un véritable examen de conscience systématique… qui va bien au-delà de ce qu’on a pu lui reprocher, plus exigeant que ce qui se trouve dans le décalogue.

  • Repérer les 14 fautes décrites…
  • Voir comment Dieu est nommé et repérer la vision qui est décrite au verset v23.
  • Regarder avec précision sur quoi porte les pronoms possessifs.
  • Les versets 14-15 font une coupure dans le chapitre qui distingue deux grandes parties dont le développement ne concerne pas les mêmes personnes. Le périmètre n’est pas le même.
  • Voir le caractère conclusif du verset 33 qui clôture la liste et qui ouvre la suite avec l’expression : « franchir le seuil de ma porte ». Quelle est l’attitude spirituelle sous jacente.
  • Au verset 35, mesurer la portée du geste de Job. « Voilà ma Signature » Cri d’espérance ou cri de victoire ? Le chapitre se termine sur certaines ambiguïtés.
  • Voir comment Job termine son discours en se référant à sa terre !

Chapitre 32

Job vient de lancer son dernier cri et celui-ci se perd un peu dans le silence. "Les trois hommes", qui ne sont d’ailleurs plus présentés comme ses trois amis, cessent de répondre... Voilà qu’un nouveau personnage intervient et prend la parole. Elihu. Il va nous occuper plusieurs séances, car son intervention est longue et même s’il interpelle Job, il n’y aura pas d’échanges. Job attendait une réponse de Dieu, ce sont les paroles d’Elihu qui lui sont données. Mais Elihu, quel nom ! il signifie : "Dieu lui même".

  • Intéressant de bien observer le chapeau du chapitre 32 qui introduit l’arrivée d’Elihu. A qui s’adresse-t-il ?
  • Comment justifie-t-il sa colère ? Vers qui est-elle dirigée et pourquoi ? A rapprocher du verset 12.
  • Voir le vocabulaire mobilisé pour désigner ce par quoi on répond Job.
  • Voir l’importance du verset 8 à rapprocher du verset 18. En quoi cela diffère de la posture des trois compagnons précédents ?
  • et que dire de la finale au verset 22 !
  • Dans le verset 13 Elihu nous livre le fond de sa pensée.

L’entrée d’Elihu sur scène fait entrer dans un nouveau cycle. Ce chapitre 32 est une introduction brève, directe et très efficace. Elihu n’est pas là pour flatter quiconque. La Sagesse ne vient pas des raisonnements théoriques mais d’une parole qui est portée, initiée par le souffle du Tout puissant lui même. Ce souffle, on ne le contient pas, Elihu en fait l’expérience, l’esprit le pousse à parler. Il prend la parole, mais c’est une parole qui bouillonne en lui et qu’il ne peut contenir. Dans ce chapitre, les autres vont suivre, il dénonce déjà toute sagesse qui conduit à dire que c’est Dieu qui frappe Job.

En quelques versets, Elihu nous fait franchir un grand pas... reste à convaincre Job.