Séance 14 du 17 Janvier
Article mis en ligne le 12 janvier 2020

par Luc

Nous nous sommes quittés alors que nous nous préparions à fêter un Dieu qui franchit les barrières des ténèbres pour venir nous rejoindre. Tels les rois mages, qui venus du fin fond de l’Orient avec quelques certitudes tirées de la science des étoiles, mais surtout avec un désir chevillé au corps de rencontrer ce qu’ils cherchaient sans trop savoir qui, qui font le détour par Jérusalem et la tradition des prophètes sans laquelle il ne peuvent aboutir, nous voilà, avec Job, à l’aube de la rencontre.

Nous nous sommes quittés avec Job qui veut engager un procès contre Dieu tout en reconnaissant en lui, le souffle du créateur qui le maintient en vie et qui lui permet de se dresser devant Dieu au nom duquel il veut la justice.
"Tant que le souffle de Dieu sera dans mes narines, je jure que mes lèvres ne diront rien de perfide." 27,3.
Comme nous l’avons vu, il nous faut choisir entre l’héritage de l’impie qui disparaît dans le néant, et la quête de la Sagesse plus précieuse que tout l’or du monde, qui trouve sa source dans la crainte du tout puissant. L’éloge de la Sagesse ouvre la porte à une problématique nouvelle bien différente des doctrines mortifères qui ont pu nous éloigner de l’essentiel, jusqu’ici. Après cet éloge de la Sagesse, Job reprend son discours !

Les chapitres 29 à 31

Nous allons tenter lors de notre rencontre d’entrer dans un bloc composé de trois chapitres, des chapitres très différents dans la tonalité comme dans le contenu. Voilà un long monologue qui nous fait entrer dans la conscience de Job et son cheminement.
Je ne reprends pas la méthode proposée... Je vous laisse simplement quelques questions qu’on peut se poser en lisant ces passages.

N’oubliez pas malgré tout, de bien prendre le temps de laisser raisonner au fond de votre âme tel ou tel verset. Car, même si nous faisons collectivement un effort d’une lecture attentive verset à verset, il faut sans cesse se rendre disponible à l’Esprit qui, pas après pas, vient atteindre le lieu où, en nous, se construit une relation intime et personnelle avec celui que le Christ nous invite à nommer Père.

Quelques pistes à creuser :

Chapitre 20-31 : Avant d’entrer dans ces trois chapitres, il est nécessaire de s’en donner une vision d’ensemble et de questionner leur articulation, leur unité. De nombreux petits détails peuvent nous y aider, le temps de verbes, la place qu’occupe Dieu, les constructions des phrases, telle ou telle expression qui se répète. Une fois le décor planté on peut alors entrer un peu plus dans chacun des développements.

Chapitre 29 :

  • Regarder attentivement la place qu’occupe Dieu dans ce chapitre et les termes employés, les verbes utilisés pour décrire son action.
  • Noter l’interaction que pose Job entre Dieu et lui : que faut-il en conclure ? Quel sentiment cela inspire-t-il ? Que dire de l’image que Job a de lui-même ?
  • Noter la place particulière du verset 11 qui s’articule avec le Verset 21, les verbes utilisés.
  • Relever les images de la nature qui sont utilisées.
  • Dans ce chapitre ont peut noter qu’à plusieurs reprises Job évoque ses fils.
  • Noter l’évolution entre l’attitude de Job au verset 7 et au verset 25
  • Job décrit les actions qu’il engage et les personnes qui sont visées : que peut-on en dire ? A quoi cela fait-il penser. Qu’est-ce que Job cherche-t-il à montrer ?

Chapitre 30

  1. Le chapitre 30 se construit en total contraste avec le chapitre 29
  2. Noter dans quels versets Dieu est évoqué et comment ? Quelle est la place de Dieu dans ce chapitre, quelle conclusion peut-on en tirer ?
  3. Noter la violence du propos de Job dans le verset 1 ? En quoi cela peut-il surprendre ?
  4. Le chapitre est rythmé par une expression : repérer ces différentes parties et la différence de leur contenu.
  5. Que se passe-t-il dans les versets 4-8. Peut-on expliquer ensuite ce qui est dit dans le verset 9. (A rapprocher d’ailleurs du verset 29,21). Dieu est-il présent ?
  6. Observer la force des versets 16-18 qui traduisent de manière imagée la souffrance qui atteint Job. A rapprocher des deux versets conclusifs (30-31)
  7. Regarder le verset 15 qui conclut tout un développement. Ce verset 15 fait une transition avec le développement suivant qui change de perspective. La repérer plus précisément.
  8. Au verset 20, Job reproche à Dieu ne pas le regarder comme il essaie de regarder les plus petits.
  9. Regarder le rôle très particulier des versets 25 et 26, mais aussi celui du verset 28 qui établit un lien avec le chapitre précédent et qui offre une clef de lecture de l’ensemble.

Chapitre 31

Ce chapitre est très rythmé, avec les nombreux « si… que », c’est un des sommets de l’Ancien testament qui décrit la traduction morale, l’exigence éthique, qui découle de la relation que le Peuple entretient avec Dieu dans le cadre de l’Alliance. Job reprend ici de nombreuses exigences mais il les pousse à l’extrême tant sur le contenu, la liste est longue, sans fin ?, que sur la manière de les vivre, allant de l’acte à l’intention même. Il propose là un véritable examen de conscience systématique… qui va bien au-delà de ce qu’on a pu lui reprocher, plus exigeant que ce qui se trouve dans le décalogue.

  • Repérer les 14 fautes décrites…
  • Voir comment Dieu est nommé et repérer la vision qui est décrite au verset v23.
  • Regarder avec précision sur quoi porte les pronoms possessifs.
  • Les versets 14-15 font une coupure dans le chapitre qui distingue deux grandes parties dont le développement ne concerne pas les mêmes personnes. Le périmètre n’est pas le même.
  • Voir le caractère conclusif du verset 33 qui clôture la liste et qui ouvre la suite avec l’expression : « franchir le seuil de ma porte ». Quelle est l’attitude spirituelle sous jacente.
  • Au verset 35, mesurer la portée du geste de Job. « Voilà ma Signature » Cri d’espérance ou cri de victoire ? Le chapitre se termine sur certaines ambiguïtés.
  • Voir comment Job termine son discours en se référant à sa terre !

Voilà, il est temps de marquer une pose. Le rédacteur du livre nous avertit en conclusion : « Ici finissent les discours de Job ». Fini de parler ! La page va donc bien finir par se tourner. Comme après une longue plaidoirie d’un avocat, sous le choc des interpellations, un silence va s’instaurer dans la salle d’audience, un silence pendant lequel chacun de nous s’interroge sur ce qui va advenir. Que peut-on répondre à tout cela ? Si Dieu est Dieu, le silence de Dieu peut-il durer ?

Nous voilà à l’aube d’une rencontre.