Dimanche 20 Juin : Qui est-il donc pour que le vent et la mer lui obéissent ?
Article mis en ligne le 20 juin 2021

par Anne-Marie, Christine, Claudine, Luc Baumstark

Pourquoi Jésus dort-il dans la barque alors que la tempête se déchaîne ? De quoi cette tempête est-elle le signe ? En quoi cela nous concerne-t-il ?

Nous sommes pris dans la tourmente : réveille toi...

Nous vous invitons à découvrir ce texte, tel un sketch avec un zest d’humour, une version théâtralisée de l’interpellation de Jésus par les disciples dans l’Evangile de ce jour.

Nous avons hésité à vous proposer ce chant car l’interprétation chatouille un peu notre oreille mais les paroles donnent bien à entendre la stupéfaction, la colère, peut-être des disciples voyant Jésus dormir alors même qu’ils se sentent en danger de mort.
Nous les trouvons très vraies, sans doute bien à l’unisson de ce que peuvent penser les 12 et, surtout, tous ceux qui, aujourd’hui, galèrent ou souffrent en ayant l’impression de se noyer sans que dieu daigne bouger le petit doigt ou baisser les yeux sur eux.

Entre incompréhension, révolte et détresse, la confiance en la Force agissante de Jésus demeure ici, malgré tout. Oui parfois c’est ainsi que nous voudrions crier vers Lui :
Seigneur, viens les sauver ! viens nous sauver !

« Tempête apaisée »
EN NOUS, C’EST TEMPÊTE À MORT !
ET TOI, DANS CETTE BARQUE, TU DORS !
RÉVEILLE-TOI, NOUS SOMMES DÉMONTÉS !
ÉTENDS LES BRAS, VIENS NOUS APAISER !

1) Nous naviguons vers l’autre rive,
Réveille-toi !
Mais nous allons à la dérive,
Étends les bras !
Et tous ces vents nous rendent fous,
Sans toi, Seigneur où irions-nous ?
Seigneur, viens nous sauver !

2) La terre est pleine d’injustices.
Réveille-toi !
Où est ta force créatrice ?
Étends les bras !
Tu fais confiance et tu te tais,
Mais nous n’en sortirons jamais !
Seigneur, viens nous sauver !

3) Nous sommes pris dans la tourmente.
Réveille-toi !
C’est la détresse qui nous hante.
Étends les bras !
Les amis tombent autour de nous
Et la mort est au rendez-vous.
Seigneur, viens nous sauver !

4) Tu parles de Vie Éternelle,
Réveille-toi !
Ravive en nous des étincelles,
Étends les bras !
Dans nos angoisses et dans nos peurs,
Viens nous donner la paix du coeur !
Seigneur, viens nous sauver !
( Philippe Goeseels/Grazia Previdi/ADF-Musique) Trio GPS

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule.
Le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Echanges entre les participants au partage d’évangile

J’aime cet evangile... il me rassure chaque fois que je doute : jésus ne fait pas que parler : il agit.
Ce sont les pécheurs qui ont peur ? Jésus… lui il dort alors que la tempête se déchaine.
la mer représente tous les dangers.

S’interroger…. Pourquoi aller sur l’autre rive…. ? La mer de Galilée…. Une frontière… qui sépare la terre dite sainte et la terre des païens, la mer de Galilée est une frontière culturelle et spirituelle
Passer sur l’autre rive : important d’aller sur une terre inconnue et de quitter le lieu que l’on connaît, quitter le connu pour l’inconnu pour grandir dans la foi aussi. Au crépuscule de nos vies, il faut accepter aussi d’aller sur l’autre rive.
Jésus est en mouvement. Ne restons pas là dit-il à ses proches.... et pourtant des gens se mettent à sa suite... Jésus entraîne et provoque les déplacements...
Il entre dans la barque comme il était…. Il devait être fatigué…
Jésus entraîne. Certains dans d’autres barques accompagnent de loin ? Cela se passe comment pour eux... ont-ils fait demi tour ? Est-ce différent de traverser l’épreuve de la tempête : avec ou sans Jésus... même si celui-ci dort.... Ceux qui sont dans l’autre barque voient la mer se calmer, peuvent ils savoir cet ordre que Jésus donne ?
Pouvaient-ils anticiper cette tempête qui arrive sans prévenir ?

Comme par les tempêtes dans la vie… on peut être surpris… situations angoissantes et in sécurisantes (deuil, maladie ,accident, épreuve). La pandémie actuelle : une tempête. La tempête est une symbolique forte : la mer c’est le chaos et les vagues sont les forces du mal susceptibles de tout submerger tel un tsunami.

Quand l’eau arrive dans la barque… il faut agir… et Jésus, lui, dort.
Les disciples paniquent et expriment leur colère. Colère car Jésus de participe pas à l’effort collectif pour survire : vider le bateau qui se remplit et menace de sombrer ? Interrogation "cela ne te fait rien ?"... mesure que l’attitude de Jésus est totalement différente de la leur face au danger. "Cela ne te fait-il donc rien : est ce que cela te touche comme cela nous touche ?.
Dieu ne fait rien… c’est un reproche qu’on fait souvent à Dieu, c’est une critique que les incroyants mettent en avant… Un Dieu qui ne réagit pas aux situations de détresse… ? Cela ne te fait rien ? : comme si Jésus était insensible voir indifférent . On pense à ceux qui perdent la foi en raison du silence de Dieu par rapport aux épreuves qu’ils subissent.

Ce sont les disciples qui réveillent Jésus. Peut être nous aussi, peut on le réveiller... par nos prières... et nos cris... Le réveiller... c’est aussi découvrir qu’il est là auprès de nous... l’aurions nous oublié... Jésus est déjà là, présent, dans la traversée. Il nous laisse mener la barque... mais il est là et reste disponible.

Jésus, s’adresse à la mer comme à une personne.... Jésus voit dans cette bourrasque l’oeuvre du démon qui veut provoquer le retour sur la rive, faire peur... il va le rencontrer à nouveau dans les guérisons qui vont suivre, où ce dernier sème le trouble au plus profond de chacun d’entre nous et il faudra, là aussi, le chasser... le renvoyer dans ses cordes.

Suite à l’ordre de Jésus (il s’adresse au vent)… la mer se calme. Silence... comme s’il fallait qu’une parole puisse être entendue. Peut on entendre quelque chose dans la tempête et le bruit ? Peut on accueillir une parole lorsque nous nous trouvons en mode panique ?
Dieu est là. Même dans la tourmente. Dans nos vies dans les tous moments, les plus difficiles. C’est ce que Jésus dit lorsqu’il interpelle les disciples : vous n’avez pas encore la foi ? Qu’est-ce que vous craignez ? Et nous,quelles sont nos peurs ?

A travers cette épreuve, les disciples s’interrogent sur l’identité de cet homme.... est-il normal cet homme qui dort alors que la barque sombre ? Dans quel acier est-il trempé ? Qui est-il Celui qui donne des ordres aux vents et qui impose à la mer de retrouver son calme ? Nous voilà renvoyé directement à Celui qui dans la genèse impose aux eaux des frontières à ne pas dépasser, à Celui qui ouvre la mer pour laisser son peuple passer sans risque dans les flots qui se retourneront sur les armées Égyptiennes.... Qui est il ce Jésus qui dort... ! alors qu’il occupe la place du timonier dans la barque... n’est-il pas censé diriger la barque...

L’Evangile nous amène à partager l’expérience de ces disciples et la méditation de ce qu’ils ont vécu, ils on vu l’autorité naturelle qui émanait de Jésus. Il posait des gestes, disait des mots réservés dans la culture Juive à Dieu lui même. Il a été dit - moi je vous dit... Qui donc es-tu pour oser dire cela ?

Jésus révèle qui est Dieu à travers sa vie ; il évangélise ainsi nos visions de Dieu qui forgent dans toute les traditions spirituelles la volonté d’une puissance sans borne : des idoles auxquelles Jésus nous invite à renoncer. Puissance protectrice, puissance de vengeance, puissance finalement destructrice ? ... la violence est dans les flots... Jésus appelle au calme. La puissance du royaume de Dieu est dans la toute petite graine de moutarde... n’est ce pas ce qu’il disait quelques lignes avant ce même passage.

Finalement au total est-il plus simple d’ordonner à la mer de se calmer ou de briser les forteresses qui nous enferment ?

Prières proposées par les participants

Seigneur vient dire aux vents qui nous assaillent de se taire pour qu’on puisse retrouver la sérénité : celle qui permet d’être à l’écoute. Le calme qui permet de s’ouvrir à d’autres rencontres. Celles qui permettent de vivre et d’affronter les épreuves qu’il nous faut traverser.

Seigneur quand je me sens perdue je sais que tu es là, prêt à apaiser mes tempêtes.

« Je ne craindrai pas les ténèbres de la vallée, car je vois déjà le soleil se lever, partout où je vais, Tu as marché devant moi » merci Seigneur d’habiter nos tempêtes pour nous aider à les traverser.


Nous te confions tous ceux qui sombrent dans la nuit de la désespérance, vient les visiter et les apaiser, inspire nous des gestes et des paroles d’amitié pour eux.

CHANT TAIZE : FIEZ-VOUS EN LUI
« Fiez-vous en Lui, ne craignez pas, la Paix de Dieu gardera vos cœurs, Alleluia