Un texte pour accompagner les cloches qui vibreront ce soir
Article mis en ligne le 25 mars 2020

par Norbert Otero

Bien-Aimé(e)s de Dieu,

« Dieu fait du chrétien à partir de l’humain » me disait en 1995 à Lille, l’ancien Évêque d’Arras, Mgr Henri de Rouet, lors de mon rite d’admission comme candidat au sacerdoce ministériel du Christ.

Au regard des ovations pour soutenir et encourager le personnel soignant, les coordinateurs de nos 7 clochers ont souhaité que les acclamations des populations portées au corps médical puissent être accompagnées spirituellement.

Aussi nous saisissons l’occasion de la fête de l’Annonciation , où les Évêques de France demandent que les cloches de toutes les églises sonnent à 19H30, pour sonner les cloches de nos 7 églises paroissiales tous les mercredis à 19H30 à partir d’aujourd’hui. Cela pour traduire simplement qu’il nous faut soutenir par nos prières ceux et celles qui prodiguent les soins de santé à tous les malades atteints par le Coronavirus.

A l’Annonciation, la nouvelle qui produit la joie est que Dieu vient habiter notre terre pour nous aider à prendre soin des autres comme son Fils Jésus nous le révélera par sa vie auprès de nous. Que la joie de l’Annonciation devienne communicative pour que le soutien du Personnel et les facteurs de guérison produisent leurs effets aux malades.

N’oublions pas que ce mercredi de l’Annonciation, il faudra mettre une lumière à la fenêtre de nos maisons, à l’heure où les cloches sonneront. Que cette lumière réchauffe nos cœurs, éclaire nos relations avec le Seigneur et les autres pour vivre des grâces de Jésus, Lui, la Lumière du Monde.

Dans le même esprit et pour la deuxième fois, les dimanches soir, à 19H30, nous entendrons également les cloches pour nous rappeler la Puissance et la Force de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus qui transforme déjà la réalité de notre monde avant que celle-ci ne bascule totalement dans la vie éternelle.

Voilà comment par un geste simple nous porterons ensemble les malades, ceux et celles qui prennent soin d’eux.

Il nous faut aussi un autre jour, cette fois-ci sans cloche, où nous essayerons de vivre l’esseulement de l’humanité torturée, martyrisée, broyée et faible face à Dieu, à l’image du Seigneur Jésus sur la Croix où il ne parle plus qu’à son Père. C’est le Vendredi que nous tâcherons d’imiter encore et toujours davantage le silence du Vendredi Saint en présentant à l’Éternel nos malades, nos situations angoissantes et terrifiantes et en invoquant l’Esprit de Dieu qu’il a envoyé sur Marie à l’Annonciation et à la Résurrection sur le corps inerte de Jésus.

Oui, notre manière de participer aux ovations des populations c’est cela aussi.

Dieu par cette pandémie, je réalise combien tu aimes tes filles et tes fils car mon cœur est torturé à l’idée de perdre une ou un seul d’entre eux.

Donne-nous la grâce de nous aimer, comme tu nous aimes, en ces temps difficiles.

Père Norbert Otero