A Dieu , Félix !
Article mis en ligne le 10 mars 2021
dernière modification le 12 avril 2021

par Anne-Marie

Le lundi 8 Mars ont été célébrées les funérailles de Félix Bazin. L’assemblée nombreuse et recueillie a partagé les témoignages que famille et amis avaient préparés et que vous retrouverez à la fin de cet article. Tous décrivent avec émotion l’homme bienveillant, généreux, engagé, que nous connaissions.
Si vous le désirez , vous pourrez ajouter votre témoignage à la fin de cette page en cliquant sur "répondre à cet article"

Psaume de la création

 Evangile selon St Jean

il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem
pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe,
qui était de Bethsaïde en Galilée,
et lui firent cette demande :
« Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André,
et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare :
« L’heure est venue où le Fils de l’homme
doit être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera.

 Marche avec nous Marie

La première en chemin

Papa,
tu es né le 18 octobre 1935 à St Symphorien sur Coise et tu as grandi dans la petite ferme des Bessies à Duerne.
Tu étais le 6ème enfant et petit dernier de la famille, choyé par tous.
Ta petite enfance a été marquée par la guerre, tu te souvenais de l’annonce de la mobilisation de 39, tu avais 4 ans, des Lyonnais qui venaient au ravitaillement à la ferme et des chocolats de l’armistice.
L’enfance c’était aussi 6km à pied chaque jour pour aller à l’école, les travaux à la ferme ou les veillées avec les voisins .
Après le certificat d’études, tu as quitté tes parents pour aller travailler, avec ta sœur Jeanne dans la ferme de ton oncle, au Puits le hameau voisin. Tu dois alors apprendre à mener seul tous les travaux de la ferme.
En mai 56, c’est le départ à l’armée en Allemagne, dans les transmissions où tu apprends le morse. Un an plus tard tu es mobilisé pour l’Algérie où tu resteras encore près de 18 mois . Une longue période éprouvante dont tu nous parleras très peu.
En rentrant d’Algérie, tu trouves du travail comme ouvrier agricole à la ferme de l’Hôpital St Jean de Dieu à Lyon. Une grande ferme qui doit nourrir les 1200 patients et le personnel de l’Hôpital, ça te change des Bessies.
Le 18 Août 1960, tu épouses Maman que tu fréquentais depuis 5 ans déjà, et vous vous installez à Brindas, dans la maison du Gourd.
Trois enfants arriveront : Marie-Claire en 62, Pascale en 65 et Jacques en 70.
C’est la période des grands travaux dans la maison qui occuperont bien vos week-end, mais qui te laissent du temps pour de nombreux engagements : Conseil Municipal, Comité des Fêtes, bureau des Anciens d’Algérie et bien sûr la Paroisse avec l’organisation des kermesses ou l’animation des célébrations, vous avez fait partie de la première équipe liturgique de laïcs mise en place à la suite du Concile Vatican II. Et plus tard le portage des repas aux anciens de la commune pendant 20 ans.
En 75, à St Jean de Dieu le Département du Rhône qui a repris l’hôpital décide de se séparer de la ferme, c’est difficile pour toi, tu ne connais pas d’autre métier . Avec courage à 40 ans tu repars à l’école et te forme aux espaces verts, tu finiras donc ta carrière comme responsable des 20 ha de parcs et jardins de l’hôpital. 38 ans de bons et loyaux services où tu t’es épanoui.
Les enfants partis de la maison, vous prenez plus de temps avec vos amis : ceux de Brindas, la « belle équipe » de St Jean de Dieu, avec qui vous partagez tant de week-end et de voyages, ou les rencontres annuelles et le Pèlerinage à Lourdes avec les amis d’Algérie retrouvés.
Et puis il y a l’aventure des Gîtes construits dans votre grange : une fenêtre ouverte sur le monde depuis 30 ans , combien de centaines de personnes de tous horizons et de toutes nationalités avez-vous accueillies ? De belles rencontres et de vraies amitiés en sont nées.
A l’heure de la retraite, tu seras comblé par tes 9 petits-enfants, tu étais si heureux de les avoir tous autour de toi !
Il y aurait encore tant à dire sur ta passion pour les fleurs et le jardin, sur tous les arbres que tu as plantés, sur ta générosité, ton caractère pacifique et par-dessus tout sur l’Amour que tu nous a donné.

Merci Papa

Mardi je suis monté voir le monsieur du Gîte, il m’a dit que la veille il t’avait offert un café, une journée presque habituelle chez vous. Il m’a surtout dit que je te ressemblais, ça m’a fait plaisir.
Dans votre maison des Vignes Rouges vous êtes toujours bien entourés. Il y a toujours quelqu’un qui tape à la porte, la famille, les amis, les voisins, les collègues, les habitués du Gîte qui sont souvent devenus des amis et qui vous ont parfois même accueilli jusqu’aux États Unis avec maman. Quel beau duo avec maman.
Pour toi, la vie était simple et douce. Pour ceux qui comprendront, tu étais sobre, chic, élégant et toujours agréable. Tu as su prendre soin de chacun d’entre nous, tu étais toujours disponible pour nous. Dimanche, nous avons passé une merveilleuse journée en famille dans le Beaujolais, on a rigolé, profité du beau temps, on s’est serré dans les bras, tu étais heureux.
Mardi matin, tu as décidé de partir, libre, à travers les chemins du Gourd qui te sont si familiers.
Je te remercie Papa, pour toute ta bienveillance, pour cette enfance douce et rayonnante, merci pour le tendre papi que tu as été pour les filles.
Je sais que chez nous, on ne fait jamais demi-tour alors merci papa et bonne route !

Papi, on a écrit plein de belles choses...sur toi, sur nous, sur mamie aussi....
Vous êtes une belle histoire, une histoire vivante. C’est papi et mamie...vous êtes tellement liés.
Si on avait mis tout ça dans une belle enveloppe pour toi, tu l’aurais osculté, tu aurais pris ton temps...et avec ton regard rieur tu aurais dit... "Je l’ouvrirais demain"
Alors on essaie de te murmurer ces souvenirs, ces mots doux, ces mots d’amour, ces mots d’adieu...
Si intimes, mais qu’on partage pour un bel hommage !
À toi papi, que j’aime tellement.
À ton regard et ton silence, qui veulent tant dire.
Vous êtes nos rallumeurs d’étoiles !

« le coeur sur la main » est pour moi la phrase qui te résume au mieux. ta bienveillance, Ta patience, ta passion, ta gaieté tu me les a transmises et ce sont pour moi les plus belles valeurs. jamais je n’oublierai ton regard, tes petits cheveux blancs et ton si beau sourire qui m’ont toujours fasciné. je te vois encore assis sur ton petit banc dans ton si beau jardin près de tes abeilles, tu étais si heureux quand Mamie te faisait coucou depuis la fenêtre de la cuisine, d’ailleurs elle a toujours honorer tes pommes de terre et tes Cardons fais-moi confiance, je t’en fais la promesse. je ne sais même pas par où commencer, les mots me manquent aujourd’hui, Les souvenirs avec toi sont si nombreux et si merveilleux qu’un seul ne suffirait pas pour exprimer tout l’amour que je te porte mon Papi. J’ai tellement de choses encore à te dire et à te raconter que je ne supporte pas cette idée. Mais je voudrais commencer en te disant « merci Papi d’avoir toujours mis la lessive dans ton café juste pour me faire sourire », je n’oublierai jamais les moitiés de gâteau que tu as mangé, Mamie voulait toujours partager avec toi, c’est sa preuve d’amour mais aussi parce que « pain sur table n’a pas de maître » me disait tu en souriant et en me piquant le mien. Je penserai toujours à ton grand et beau couteau rouge, il était si beau ce couteau dans tes grandes et douce mains qui portaient l’amour, alala jamais je ne l’oublierai ton beau couteau rouge Papi. D’ailleurs c’est ce couteau et ces mains qui nous construisaient des arcs en bois pendant nos longues et belles balades en forêt, Mamie avait toujours peur qu’on se fasse mal, quel irresponsable mon Papi, mais quel génie mon Papi. D’ailleurs une fois Elliot avait fini dans la rivière quand tu nous avais emmené faire de la luge en bois, quel idée de mettre une rivière en bas de la pente, ce n’est pas de ta faute Papi, mais quel irresponsable mon Papi, mais quel génie mon papi. Tes petits souvenirs me viennent quand je pense à toi, merci d’être venu dans ma classe en primaire nous apprendre le morse, j’étais si fière, si fière de toi Papi. merci pour ces parties de ping pong et de badminton, grâce à toi j’ai toujours été la plus forte à l’école. Alors même si ça me brise le cœur de devoir te le dire dans ces conditions si prématurées, je t’aime de tout mon cœur, à jamais Papi. Je sais qu’à présent tu es en balade sur la route du paradis et que ton sourire fait notre soleil. Et puis comme on se disait à chaque fois au téléphone « promis Papi on se revoit bientôt ».

Mme Ninette Bazin, tous les enfants et petits-enfants, Depuis 2008, Ninette et toi, Félix, vous êtes devenus des amis tout naturellement et nous nous sentions chez nous aux Vignes Rouges. Comment ne pas t’aimer, Félix ? Tu étais discret et attentif, soucieux de notre bien-être et de nos petits-enfants. En écoutant vos conseils, nous avons appris à connaître le pays Lyonnais, en particulier Duerne, ton village dont tu étais si fier. Outre tes conseils de jardinage, tu nous as fait partager ta passion des oiseaux pour lesquels tu as fait de ta maison, un paradis. En bon jardinier, semer les graines d’acacias de ton père fut l’ultime et magnifique projet inattendu. Félix, tu fus un homme bon que nous sommes fiers et heureux d’avoir rencontré. Nous aimerions être près de vous pour partager votre peine. J.P.Bonsergent

Papi tu m’a fait comprendre malgré ta grande forme que tout n’est que changements, que rien n’est permanent.

J’ai pris conscience de l’importance de prendre soin des gens autour de nous.
En faisant toujours de son mieux jusqu’au bout.,

Entre ces nombreux dons de sang que j’espère un jour égalé ,et ces repas aux anciens portés.
On ne les remerciera jamais assez pour tout l’amour et la bienveillance qu’ils ont pu et peuvent donner

Pour Félix, pour Ninette, pour tous.tes mes ami.es Bazin. Je vous embrasse.

« Un jardinier disait à ses mains... »
Michel Van Schendel

Un jardinier disait à ses mains,
Disait au jardin :

Je suis ta jument je suis ton pré
Je suis ton ciel je suis ton sol
Je suis ton aile et ton tourment
Je suis ton eau

Je t’abonde tu m’embrasses
Tu m’élèves tu te glisses
Tu m’inventes tu t’élides
Tu m’étonnes tu t’en viens

Je suis ton ambre et ta lumière
Je suis la manne de tes fruits
Je suis l’entaille du matin
Je suis le toit je suis la plaine je t’étreins

Je suis ton aile tu m’emportes
Tu t’envoles tu m’étrennes
Tu te donnes tout le ciel
Tu me donnes ton haleine

Tu es l’embrun tu es le sel
Je suis la chair de ton hallier
Tu es l’embrun tu es la sève
Je suis ta brume ton entrain

Je suis ton bras je suis ta main
Je suis ton ombre et ton sentier
Je suis ton pas
Je suis ta soie ton couturier

Il contempla la toile de ses mains,
Il regarda le buis, l’érable, il vit l’aubier,
Il vit la feuille et la ligne des feuilles,
Il regarda le ciel, il regarda le sol,
Il contempla la soie de ses mains
Il vit que la soie était celle du jardin.


Félix,

Nous nous sommes rencontrés à l’hôpital St Jean de Dieu.
Nous avons travaillé ensemble et ainsi nous avons pu te connaître mieux : nous avons eu ce privilège.
Nous avons apprécié ta sagesse qui te vient sans aucun doute de ton enracinement à la terre....apprécié ta gentillesse souriante et apaisante, ce profond souci et respect des autres, cet incroyable talent à transmettre tes connaissances et ton amour de la nature et ton écoute exceptionnelle.

Nous avons apprécié aussi ton honnêteté et ta droiture : tu nous as toujours inspiré une grande confiance.
A St Jean de Dieu, tu n’étais pas un soignant mais, pour certains malades qui t’ont été confiés, tu as été un véritable thérapeute...ergothérapeute dirait-on aujourd’hui.
Tu t’es engagé dans le militantisme syndical à la CFDT. Tu as été un délégué du personnel et un représentant au comité d’entreprise estimé.
A l’occasion du départ à la retraite de René, a germé l’idée que nous pourrions faire quelque chose ensemble en dehors du travail.
La ’’belle équipe’’ est née il y a plus de 20 ans !
Cette belle équipe comprenait des soignants (Pierre, Maurice, René, Mado, Christian) et des non soignants (Françoise et toi) et leurs conjoints qui ne travaillaient pas à St Jean de Dieu (Michèle épouse de Pierre, Nénette, épouse de Maurice, qui nous a quittés il y a déjà plus de 6 ans et enfin Ninette, ton épouse).
Pendant une bonne vingtaine d’années, nous nous sommes rencontrés régulièrement chez les uns et les autres.
Ninette et toi, vous nous avez fait découvrir l’ouest lyonnais et tant d’autres choses.
C’était toujours une fête de nous revoir.
Nous garderons de toi ce sens de la vie et de l’amitié où, à chacune de nos rencontres, tu nous rappelais, en conscience, en levant nos verres, la joie du moment présent de l’amitié partagée tous ensemble.
Quelle sagesse....
A ta famille, à tes proches et à Ninette surtout, nous disons que nous sommes tous tristes.
Félix, depuis quelque temps, tu étais un peu parti...il y a peu, tu es parti encore un peu plus et maintenant tu es parti tout à fait….Mais nous ne t’oublierons pas.
Nous espérons que tu as rejoint cette nature que tu aimais tant, nous essaierons de l’aimer, pour le temps qu’il nous reste, afin de garder en mémoire notre amitié.

Ninette, nous partageons ta douleur, celle de la perte de celui qui a partagé ta vie.





les chants qui ont accompagnés Félix :

Sarabande de Bach

Orchestral Suite No. 3 in D Major, BWV 1068 : II. Air

Mon pote le gitan (Barbara)

Mon pote le gitan (Remastered)

Je connais des bateaux (Mannick)

Je connais des bateaux

la Missa criola de Ariel Ramirez

Tonada Del Viejo Amor (49358)

La famille de Félix remercie pour tous les témoignages reçus.