Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. (Dim 14 Juin)
Article mis en ligne le 13 juin 2020

par Anne-Marie, Béatrice Marée, Cécile Marcaud, Christine, Claudine Curtil, Luc

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 51-58)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait aux foules des Juifs :
« Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux :
« Comment celui-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi,
et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même celui qui me mange,
lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain
vivra éternellement. »

 Méditation du groupe liturgique de Brindas

Episode précédent : 5000 hommes –sans compter les femmes et les enfants- miraculeusement nourris et rassasiés par Jésus !
Pas étonnant que ces foules de juifs veuillent l’enlever pour le faire roi …
Mais personne ne met la main sur Jésus sans qu’il le veuille lui-même. Et Jésus se retire.
D’abord en passant par le lac, puis, toujours poursuivi , à Capharnaüm. Là, il leur parle de leur désir de nourriture « gratis », et quand ils évoquent la manne, ce pain venu du ciel, selon l’Ecriture, donné par Moïse dans le désert de l’Exode, Jésus en renvoie au Père la véritable origine, puis il centre l’Evangile, bonne nouvelle d’aujourd’hui, sur l’affirmation :
« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel »
« Moi, je suis … » : Parole du Père, Jésus déploie en sa propre personne l’identité divine donnée à Moïse près du buisson ardent…
« Ce pain n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ; Celui qui mange ce pain vivra éternellement »

Comme souvent en St. Jean, ce discours est composé d’une parole de révélation dont le mystère est exploré en précisions successives qui « revisitent » la parole initiale :

« Moi, je suis le pain vivant descendu du ciel ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement »

Précision I. » Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour la vie du monde ».
CHAIR ( –en hébreu basar – en grec soma= corps, si près de sèma = cercueil …) désigne l’humain dans ce qu’il a de périssable et de mortel.
L’enfouissement de l’amour tout-puissant dans la condition humaine mortelle trouve ici son sens révélé : vie offerte au monde en nourriture de vie éternelle !
Nourriture pour l’affamé / assoiffé du psaume 62 : « Après toi languit ma chair, terre sèche, altérée, sans eau … »
Mais pour les juifs présents, ça ne passe pas !
Les juifs mangeaient rituellement la chair des animaux offerts en sacrifices, mais la chair de « celui-là » … c’est totalement impossible (« Comment … ? »), impensable, inacceptable ! Alors, beaucoup de ceux qui avaient suivi Jésus jusque là, le quitteront définitivement… d’où la question de Jésus ensuite à ses plus proches : « Et pour vous, qui suis-je ? »

Précision II. « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. »
Après l’énoncé des subordonnées éventuelles, on attendrait une principale au futur … mais elle est au présent !
Affirmation solennelle (« amen, amen, je vous le dis ») qui sonne comme l’avertissement grave d’un constat présent : Vous n’êtes pas vraiment vivants ! En vous, c’est … mort…
Mais comment pourront-ils recevoir ces paroles qui transgressent la loi sur la nourriture depuis l’alliance avec Noé ?!
« Tout ce qui remue et qui vit vous servira de nourriture, comme déjà l’herbe mûrissante, je vous donne tout. Toutefois, vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, c’est-à-dire son sang. Et de même, de votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte à toute bête et j’en demanderai compte à l’homme : à chacun, je demanderai compte de la vie de son frère. » Gn 9, 3-5.

Précision III. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour »
En ce sixième chapitre de l’Evangile de Jean, on entend déjà parler le Ressuscité qui promet pour la fin du monde la résurrection de la chair à tous ceux qui ont déjà en eux la vie éternelle par leur communion au corps et au sang du Crucifié.

Précision IV. « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang, la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui . De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra par moi »
La VRAIE nourriture, la VRAIE boisson pour la VRAIE vie : demeurer dans son amour, entrer dans leur amour, vivant, donnant et pardonnant, gratuitement…

Qu’est-ce que cela signifie pour nous, aujourd’hui ?

Notre vie, toute vie, a besoin de nourriture pour être et demeurer.
C’est dire que tout vivant a besoin d’autre que lui-même pour être.
Et la physio biologie nous dit que « nous devenons ce que nous mangeons » (sic
« Il faut manger pour vivre … la sagesse populaire ajoute : … et non pas vivre pour manger » : prudence utile à la santé individuelle, mais aussi vigilance qui permettrait une vie sociale équitable entre citoyens comme entre nations :
abandonner nos comportements de « prédateurs égoïstes » esclaves de la frénésie consumériste qui mène à la destruction de la terre, la disparition des espèces, et finalement la mort pour tous (cf. Laudato si »)
Tout est lié, et ce péché cotre la création est ignorance, oubli, voire mépris du Créateur,
lui qui dès la Genèse s’inquiète pour le sort de l’humain :
« Maintenant, qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie … » Gn 3,22

Cet évangile nous dit le salut pour nous-mêmes et la création entière par la foi en Jésus-Christ qui nous offre de vivre de sa vie : en accueillant Sa Parole, en communiant à son Eucharistie, en vivant son Evangile au milieu de nos frères.
Recevoir le corps et le sang du Seigneur, le manger, l’ingérer, le digérer, et ainsi se laisser
transformer par lui jusqu’à pouvoir dire avec Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » Ga 2, 20.
« La vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » Jn 17,3.

AMEN !


prière

Seigneur Jésus, tes paroles ce jour illuminent le rituelle de communion eucharistique ; tu ouvres une manière nouvelle de te recevoir :

En silence, accueillir le don de ta chair ressuscitée, me laisser infuser de ta vie donnée, envoyée par le Père.

Seigneur Jésus, ouvre mon être, cœur, corps, esprit à ta vie divine, trinitaire, pour la partager silencieusement ou explicitement, à tous ceux que je rencontre. AMEN.


Prière de Bernard

Seigneur Jésus, merci,
pour ce partage avec Françoise,avec les autres membres de ce groupe,
avec Toi qui te donnes en partage, en nourriture,en ce moment même, ouvrant nos cœurs à être désaltérés de leur soif de vie, de paix, d’amour, par Toi, Parole , Grâce et Amour de Dieu.
Seigneur Jésus, Te perdre est un moyen de Te retrouver, de Te chercher, et Te chercher, c’est vivre avec Toi. Ne permets pas que je sois éloigné de Toi, et fais que même Ton silence me soit Présence.
Amen."

 Voici le corps et le sang du Seigneur

Voici le corps et le sang du Seigneur

Voici le corps et le sang du Seigneur

Voici le corps et le sang du Seigneur
La coupe du salut et le pain de la vie
Dieu immortel se donne en nourriture
Pour que nous ayons la vie éternelle

Au moment de passer vers le Père
Le Seigneur prit du pain et du vin
Pour que soit accompli le mystère
Qui apaise à jamais notre faim

Dieu se livre lui-même en partage
Par amour pour son peuple affamé
Il nous comble de son héritage
Afin que nous soyons rassasiés

C’est la foi qui nous fait reconnaître
Dans ce pain et ce vin consacrés
La présence de Dieu notre Maître
Le Seigneur Jésus ressuscité