15 Août Assomption : la fête de celle qui est passée de la vie à la vie
Article mis en ligne le 15 août 2020
dernière modification le 14 août 2020

par Anne-Marie, Luc

 La fête de l’Assomption

Assomption et Dormition

On ne célèbre pas les funérailles de Marie mais bien l’entrée dans la vie de celle qui a enfanté la vie

Comme le montre cette fresque, nous ne trouvons pas au seuil de la maison de Zacharie au moment de l’annonciation que nous relate l’évangile du jour mais au seuil de l’éternité au moment où Marie conclut son périple sur la terre.

Voilà les apôtres autour de Marie qui s’endort (et non pas qui s’éteint) en s’éveillant à la vie, une vie qu’elle connait "par coeur" pour l’avoir portée en son sein, pour l’avoir vu s’épanouir dans le cheminement de son fils sur la terre y compris dans le franchissement de la passion. Elle nous invite à entrer avec sérénité dans ce passage de la vie à la vie. D’ailleurs, il n’est pas anodin que dans les représentations iconographiques on présente Marie alitée sur son lit de mort avec le Christ (au CENTRE de l’icône) qui la porte déjà comme un nouveau né qui vient de naître non sans faire un lien avec les représentations de la vierge à l’enfant où c’est Marie qui montre le Christ au monde. La première elle franchit le passage de la mort vaincue par la résurrection du Christ.

Texte de Saint Jean Damascène

"Dans la Sainte Ecriture inspirée de Dieu, on ne raconte pas ce qui se passa à la mort de la Sainte Théotokos [1](Celle qui enfanta Dieu) Marie, mais nous tenons d’une tradition ancienne et très véridique qu’au moment de la glorieuse Dormition, les apôtres qui parcouraient la terre pour le salut des nations,
furent assemblés en un instant par la voie des airs à Jérusalem.

Quand ils furent près d’elle, les anges leur apparurent dans une vision et un divin concert des puissances supérieures se fit entendre. Et ainsi, dans une gloire divine et céleste, la Vierge remit aux mains de Dieu sa sainte âme d’une manière ineffable.

Quand à son corps, réceptacle de la divinité, il fut transporté et enseveli, au milieu des chants des anges et des apôtres, et déposé dans un cercueil à Gethsémani, où pendant trois jours persévéra sans relâche le chant des choeurs angéliques. Après le troisième jour, ces chants ayant cessé, les apôtres présents ouvrirent le cercueil à la demande de Thomas qui seul avait été loin d’eux, et qui, venu le troisième jour, voulut vénérer le corps qui avait porté Dieu. Mais son corps, digne de toute louange, ils ne purent aucunement le trouver : ils ne trouvèrent que ses vêtements funèbres déposés là, d’où échappait un parfum ineffable qui les pénétrait, et ils refermèrent le cercueil. Saisis d’étonnement devant le prodige mystérieux, voici seulement ce qu’ils pouvaient conclure : celui qui dans sa propre personne daigna s’incarner d’elle et se faire homme, Dieu le Verbe, le Seigneur de la gloire, et qui garda intacte la virginité de sa Mère après son enfantement, celui-là avait voulu encore, après son départ d’ici-bas, honorer son corps virginal et immaculé du privilège de l’incorruptibilité, et d’une translation avant la résurrection commune et universelle". (texte de St Jean Damascène VIIIe s.)

Chapelle de la Sainte Dormition

 Évangile

« Heureuse la mère qui t’a porté en elle ! » (Lc 11, 27-28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme Jésus était en train de parler,
une femme éleva la voix au milieu de la foule
pour lui dire :
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle,
et dont les seins t’ont nourri ! »
Alors Jésus lui déclara :
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent ! »

« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

Magnificat (ton royal)

 <br width='400' height='522' />  <br width='400' height='527' />  <br width='400' height='541' />  <br width='400' height='566' />  <br width='400' height='484' />  <br width='400' height='502' />  <br width='400' height='583' />  <br width='400' height='527' />  <br width='400' height='537' />  <br width='400' height='491' />  <br width='400' height='517' />  <br width='400' height='529' />  <br width='400' height='593' />

Tropaire de la fête de la Dormition (Assomption)

Dans ton enfantement, tu demeures Vierge
Dans ta Dormition tu n’as pas abandonné le monde
Ô Mère de Dieu
Tu passes de la Vie à la Vie étant Mère de la Vie
et par tes prières
Tu délivres nos âmes de la mort.

Marche avec nous Marie , sur nos chemins de Foi

La première en chemin, Marie

La première en chemin, Marie tu nous entraînes,

A risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu.

Et voici qu’est semé en l’argile incertaine

De notre humanité, Jésus Christ, Fils de Dieu.

Marche avec nous Marie,

Sur nos chemins de foi,

Ils sont chemins vers Dieu. (bis)

La première en chemin, joyeuse, tu t’élances,

Prophète de celui qui a pris corps en toi.

La Parole a surgi, tu es sa résonance

Et tu franchis des monts pour en porter la voix.

La première en chemin pour suivre au Golgotha,

Le fruit de ton amour que tous ont condamné,

Tu te tiens là, debout, au plus près de la croix,

Pour recueillir la vie de son cœur transpercé.

Homélie de Jean Paul II, 15 Août 1979 [2]

1. Nous nous trouvons sur le seuil de la maison de Zacharie à Ain-Karim. Marie y arrive, portant en elle le joyeux mystère. Le mystère d’un Dieu qui s’est fait homme dans son sein. Marie vient chez Elisabeth, une personne qui lui est très proche, à qui elle est unie par un mystère analogue ; elle arrive pour partager avec elle sa propre joie.

Sur le seuil de la maison de Zacharie l’attend une bénédiction qui fait suite à ce qu’elle a entendu des lèvres de Gabriel : « Tu es bénie entre les femmes, et béni le fruit de ton sein !... Oui, bienheureuse celle qui a cru à l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1,42 Lc 1,45).

Et à ce moment, du fond de l’intimité de Marie, du fond de son silence, jaillit ce cantique qui exprime toute la vérité du grand mystère. C’est le cantique qui annonce l’histoire du salut et révèle le coeur de la Mère : « Mon âme exalte le Seigneur... » (Lc 1,46).

2. Aujourd’hui, nous ne sommes plus sur le seuil de la maison de Zacharie à Ain-Karim. Nous nous trouvons au seuil de l’éternité. La vie de la Mère de Dieu s’est désormais conclue sur la terre. En elle doit maintenant s’accomplir cette loi que l’Apôtre Paul proclame dans son épître aux Corinthiens : la loi de la mort vaincue par la résurrection du Christ. En réalité, « Le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts... et de même que tous meurent en Adam, tous aussi revivront dans le Christ. Mais chacun à son rang » (1Co 15,20 1Co 15,22 1Co 15,23).

Dans, ce rang, Marie est à la première place. Qui, en effet, « appartient au Christ » autant qu’elle ?

Et voici qu’au moment où s’accomplit en elle la loi de la mort, vaincue par la résurrection de son Fils, s’élève de nouveau du coeur de Marie le cantique qui est un cantique de salut et de grâce : le cantique de l’Assomption du ciel. L’Église met à nouveau le Magnificat sur les lèvres de la Mère de Dieu élevée au ciel.

3. Cette nouvelle vérité résonne dans ces mots que Marie a prononcés un jour durant sa visite à Elisabeth : « mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur… car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses » (Lc 1,47 Lc 1,49).

Il les a faites dès le début. Dès le moment de sa conception dans le sein de sa mère Anne, quand l’ayant choisie pour être la Mère de Dieu, il l’a libérée du joug de l’hérédité du péché originel. Puis, tout au long des années de l’enfance, quand il l’a appelée totalement à Lui, à son service, comme l’épouse du Cantique des Cantiques. Puis, lors de l’Annonciation à Nazareth, lors de la nuit de Bethléem et durant les trente années de sa vie retirée dans la maison de Nazareth. Et, successivement, par les expériences des années d’enseignement de son Fils le Christ, les horribles souffrances de la Croix et l’aurore de la résurrection... Vraiment « le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses : Saint est son nom » (Lc 1,49).

En ce moment s’accomplit le dernier acte à dimension terrestre, un acte qui est en même temps le premier à dimension céleste. Au sein de l’éternité.

Marie glorifie Dieu, consciente qu’en vertu de sa grâce toutes les générations allaient la glorifier parce que « la miséricorde de Dieu s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent » (Lc 1,50).

4. Nous aussi, chers frères et soeurs, louons tous ensemble Dieu de tout ce qu’il a fait pour l’humble servante du Seigneur. Nous le glorifions, nous lui rendons grâces. Ranimons notre confiance et notre espérance, prenons notre inspiration de cette merveilleuse fête mariale.

Dans les paroles du « Magnificat » s’exprime tout le coeur de notre Mère. Elles sont aujourd’hui son testament spirituel. Chacun de nous doit, d’une certaine manière, regarder avec les yeux de Marie sa propre vie, l’histoire de l’homme. Saint Ambroise eut à ce sujet de très belles paroles qu’il me plaît de vous répéter aujourd’hui : « que chacun magnifie le Seigneur avec l’âme de Marie, que chacun exulte dans le Seigneur avec l’esprit de Marie ; si, selon la chair, Une seule est la Mère du Christ, selon la foi toutes les âmes engendrent le Christ : chacun en effet accueille en soi le Verbe de Dieu » (Exp. ev. sec. Lucam II, 26).

Et en outre, chers frères et soeurs, ne devrons-nous pas, nous aussi redire comme Marie : « Il a fait de grandes choses pour moi ? » Car ce qu’il a fait en elle, il l’a fait à nous aussi. Pour nous il s’est fait homme, à nous il a apporté la grâce et la vérité. Il fait de nous des enfants de Dieu et des héritiers du Ciel.

Les paroles de Marie nous donnent une nouvelle vision de la vie. Une vision de foi persévérante et cohérente. Une foi qui est la lumière de la vie quotidienne ; de ces jours parfois tranquilles, mais souvent orageux et difficiles. Une foi qui éclaire, enfin, les ténèbres de la mort de chacun de nous.

Que ce regard sur la vie et la mort soit le fruit de la fête de l’Assomption.

5. Je suis heureux de pouvoir vivre cette fête avec vous à Castel Gandolfo, parler de la joie de Marie et proclamer sa gloire à tous ceux à qui est cher et familier le nom de la Mère de Dieu et des hommes.