Parole du dimanche 28 Juin : aimer sans compter
Article mis en ligne le 28 juin 2020

par Anne-Marie, Luc

Évangile

« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi.
Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie
la perdra ;
qui a perdu sa vie à cause de moi
la gardera.
Qui vous accueille
m’accueille ;
et qui m’accueille
accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète
recevra une récompense de prophète ;
qui accueille un homme juste en sa qualité de juste
recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
à l’un de ces petits en sa qualité de disciple,
amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

réflexion du groupe de Brindas sur l’évangile

Quelques remarques sur la traduction

1. Le verbe « aimer » traduit le verbe grec « philein » qui désigne l’amour d’affection, le fait de ressentir de l’amour ( et non pas « agapein » qui concerne l’amour oblatif, le don )

2. Le « plus que » traduit le mot grec « uper » qui veut dire « au- dessus de »
Il ne s’agit donc pas ici de quantité, mais de priorité, de hiérarchie.

3. Le verbe « suivre » traduit les mots grecs « akolouthei opiso mou » qui veulent dire « marcher derrière moi », ou encore comme le dit la TOB « venir à ma suite » ; mais en grec il n’y a pas de négation sur ce verbe : donc la phase entière doit être lue : « Quiconque ne prend pas sa croix et vient à ma suite n’est pas digne de moi » (trad TOB) ou encore : « Celui qui ne se charge pas de sa croix pour marcher à ma suite n’est pas digne de moi »(trad. en français courant)

4. Le verset 39 dans le texte grec comporte les mêmes verbes dans les 2 parties de la phrase ; il faut donc lire : « Celui qui a trouvé sa vie la perdra, et celui qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera »

5. Dans les versets 40 à 42, le mot « récompense » traduit le mot grec « misthon » qui veut d’abord dire « salaire »

6. Intéressant enfin de savoir que « les petits » du verset 42 traduit le mot grec :
« ton mikron » … (ces « microscopiques » disciples qui vont répandre l’Evangile dans tout l’empire romain en moins d’une génération !)

Quelques réflexions

1. L’une d’entre nous (Marie-Claude Courtois) a remarqué que si Jésus parle à l’ensemble de ses Apôtres, il s’adresse à chacun individuellement :
« celui qui … », « qui … »
C’est donc ainsi que nous-mêmes devons recevoir ce texte : nous sommes personnellement concernés.

2. C’est le verset 40 qui paraît rassembler les diverses instructions données :
« Qui vous accueille m’accueille, et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé »

C’est-à-dire :

 Toutes les relations familiales affectueuses d’un disciple de Jésus « digne de lui » (avec père, mère, fils, ou fille) sont à vivre dans l’amour pour Jésus.
C’est sa relation d’amour de Jésus que le disciple incarne dans les liens familiaux que la nature ou les circonstances lui ont donnés.
Ces liens d’affection reçoivent ainsi une dimension transcendante de respect, de dévotion, de dignité, de service …
Le disciple est donc invité à partager avec ses proches l’amour dont l’Esprit circule entre le Père et le Fils …

 Le disciple digne de ce nom qui marche à la suite de Jésus, ne peut s’exempter de prendre sa vie à pleine mains, de la porter et d’en soutenir la responsabilité, les charges et les peines.

 « Qui a trouvé sa vie la perdra » (v. 39) Bernard Masson a souligné la passivité de celui qui est comme « installé » dans sa vie, son travail, sa carrière, ses amis, alors que tout cela est voué à disparaître .
On peut penser ici à ce riche insensé de la parabole qui s’endort satisfait de ses richesses et qui meurt pendant la nuit : « voilà ce qui arrive à celui qui amasse un trésor pour lui-même au lieu de s’enrichir auprès de Dieu » (Lc 12, 16-21)

 « Qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera » Dans le contexte des persécutions des témoins restés fidèles jusqu’au martyr, l’évangéliste retrouve ici la promesse de Jésus aux persécutés pour la justice ou pour son nom, dans les Béatitudes du Sermon sur la montagne. (Mt 5 10-11)

 Enfin, si Jésus promet des récompenses, des salaires à ceux qui accueillent (v. 41-42), c’est parce que ceux qui sont accueillis sont en rapport avec Dieu :

 Le prophète accueilli comme tel, c’est celui qui parle au nom de Dieu
 L’homme juste accueilli comme tel, c’est celui qui a été justifié par Dieu
 L’un de ces petits, abreuvé d’un verre d’eau fraîche comme disciple, c’est celui qui s’est mis à la suite de Jésus, qui porte sa propre croix, qui en accueillant Jésus à accueilli le Père ….

PRIERE Seigneur Jésus, il n’y a que toi qui peux parler ainsi : dire à chacun de nous, comme à tes apôtres, ce qui est vraiment important, ce qui est au-dessus de tout et qui contient tout : t’accueillir, puisque t’accueillir, c’est accueillir celui qui t’a envoyé ; et accueillir les autres, en lien avec toi.
Seigneur Jésus, accorde-moi ce regard, ce discernement divin, dans mes relations d’affection, d’admiration, de service. AMEN.

Mon Père, mon Père , fais de moi ce qu’il te plaira

Mon Père, je m’abandonne toi

Mon Père, mon Père, je m’abandonne à toi,
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.

Car tu es mon Père, je m’abandonne à toi,
Car tu es mon Père, je me confie en toi.
Car tu es mon Père, je m’abandonne à toi,
Car tu es mon Père, je me confie en toi.

Mon Père, mon Père, en toi je me confie.
En tes mains je mets mon esprit
Je te le donne le cœur plein d’amour.
Je n’ai qu’un désir, t’appartenir.