Parole du Dimanche 21 Juin :"Ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits". (Matthieu 10,27)
Article mis en ligne le 20 juin 2020
dernière modification le 21 juin 2020

par Anne-Marie, Luc

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » (Mt 10, 26-33)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
« Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre
sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux. »

Réflexions de Françoise à propos de l’EVANGILE de ce jour

1. Remarques sur le verset 29 tel qu’il nous est proposé par la traduction liturgique :
« Pas un seul moineau ne tombe à terre sans que votre Père le veuille . »

Je consulte mon « Nouveau Testament interlinéaire grec-français »,
et je constate l’absence de verbe à la fin du verset dans le texte grec ;
donc, mot à mot, il est écrit :
« Pas un seul moineau ne tombera sur la terre sans votre Père »
Et c’est la traduction de la TOB.

La traduction en français courant :
« Aucun moineau ne tombe à terre sans que Dieu votre Père le sache. »
Et la traduction de la Bible de Jérusalem :
« Aucun moineau ne tombe à terre à l’insu de votre Père. »

Voici quelques lignes extraites de la chronique d’Anne Lécu, religieuse dominicaine médecin en maison d’arrêt, dans la revue ETUDES de janvier 2020 (pp. 91-92) sous le titre :
La volonté de Dieu.
« Dans l’Evangile de Mathieu, Jésus exhorte les siens à la confiance en Dieu. La Bible de la liturgie, celle que nous entendons lors de la liturgie dominicale, traduit ainsi ce passage : (citation de l’évangile et en particulier, du verset 29 )
Ce texte ainsi traduit suggère que Dieu n’est pas pour rien dans la mort des passereaux, qu’il existerait une forme de Providence décidant comme à l’avance de la vie et de la mort des créatures (…)
L’irruption de la volonté de Dieu dans un texte qui ne la mentionne aucunement retourne le sens du texte.
(Comme l’écrit Jacques Ellul :) « Dans un cas, c’est Dieu qui veut la mort du passereau ; dans l’autre, il n’y a aucune mort sans que Dieu soit présent. C’est-à-dire que la mort arrive selon « les lois naturelles » mais que Dieu ne laisse rien mourir dans sa création sans être auprès de ce qui meurt, sans être la consolation, la force, l’espérance, le soutien de ce qui meurt. C’est une affaire de présence et non de volonté. »

2. Jésus exhorte ses apôtres à la confiance en Dieu, au moment où il les envoie en mission.
Quand Matthieu écrit cette page d’évangile, les persécutions contre les juifs et les chrétiens se développent dans tout l’empire romain. Rappeler les paroles de Jésus est donc essentiel dans un tel contexte :
« Ne craignez pas ! »
Et cette absence de crainte concerne d’abord les temps présents, puis la création et enfin le jugement dernier :
En 7 versets l’évangéliste déploie l’exhortation de Jésus dans toute l’histoire humaine !
 Les victimes qui réclament justice seront satisfaites :
« Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu »
 Jésus ne craint pas le dévoilement de ses paroles, au temps voulu – après sa Pâque et la Pentecôte – la vérité de Jésus devra être proclamée :
« Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits »
---Jésus réalise lui-même ce qu’il recommande : « Que ton « oui » soit oui … »---
 Une seule crainte est recommandée par Jésus : elle concerne l’ennemi, l’Adversaire du genre humain, celui qui dès l’origine « peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps » : le Tentateur qui fait douter de l’amour gratuit, généreux et miséricordieux de Dieu pour les hommes, l’Accusateur qui les entraîne au désespoir des pécheurs, à la mort… (« Alors, Dieu vous a dit : vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?! »… sous-entendu : pas de tout = RIEN ...) ; et Judas qui va se pendre.
Il s’est attaqué à Jésus lui-même venant de recevoir l’Esprit à son baptême, et – comble du toupet ! – en citant l’Ecriture ! C’est par la force de l’Esprit, son conseil, son intelligence, que Jésus discerne le mensonge et renvoie Satan se retirer « jusqu’au jour fixé », celui de la crucifixion…
--- A nous aussi de craindre cette tentation : prier le Père de nous envoyer l’ Esprit pour ne pas nous douter de son amour pour nous –

 Pour les versets suivants, 29 et 30, on peut ajouter à ce qui a déjà été dit :
même si nous valons bien plus qu’une multitude de moineaux, — non par nos mérites mais parce que nous sommes crées à l’image de Dieu — la présence bienveillante de Dieu accompagne aussi toute ses créatures. Reconnaître notre valeur et celle de la création nous conduit à la louange certes, mais aussi à la vigilance :
— - Comme le dit la Genèse, nous sommes responsables de cette création qui nous a été confiée « pour la cultiver et la garder »… contre tout danger et péril … (Gn 2, 15)

 Enfin, les versets 32 et 33 soulignent l’amour de don et de pardon de Dieu en Jésus-Christ : croire en cet amour nous enlève donc toute crainte mortifère du jugement dernier.
Mais ces versets affirment aussi le respect de Dieu pour la liberté des hommes qui peuvent donc se « déclarer pour Jésus devant les hommes …. Ou le renier… »

Merci Seigneur, pour la confiance que tu nous donnes par cet évangile. Toi seul, Emmanuel , Dieu au milieu de nous, peut tenir de telles paroles, en vérité.
Merci Seigneur !

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Ecoute la voix du Seigneur..

Ecoute la voix du Seigneur

Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur

Qui que tu sois, ton Dieu t’appelle, qui que tu sois, il est ton Père.

Refrain : Toi qui aimes la vie, ô toi qui veux le bonheur,
Réponds en fidèle ouvrier de sa très douce volonté.
Réponds en fidèle ouvrier de l’Evangile et de sa paix.

2 - Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur.
Tu entendras que Dieu fait grâce, tu entendras l’Esprit d’audace.

3 – Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur.
Tu entendras crier les pauvres, tu entendras gémir ce monde.

4 - Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur.
Tu entendras grandir l’Eglise, tu entendras sa paix promise.

5 - Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur.
Qui que tu sois, fais-toi violence, qui que tu sois, rejoins ton frère.