Célébrer des funérailles aujourd’hui

A la demande de Claudine, voici un petit témoignage concernant les funérailles de mon beau-frère, vécues en période de confinement.

Article mis en ligne le 29 avril 2020

par Claudine Curtil

Pierre-Marie est le mari de ma sœur Denise, que je connais depuis plus de cinquante ans … Ayant des soucis de santé depuis un peu plus d’un an, on diagnostique il y a 6 mois un lymphome rare doublé d’une petite tumeur à l’œsophage. Tous les traitements ont été négatifs voire nocifs, malgré la mobilisation d’experts de plusieurs CHU. Il y a un mois nous savions que tout avait été tenté, et avait échoué. L’équipe médicale a averti Denise, ainsi que leur unique fils David, qui confiné en région parisienne, a pu à la demande de la clinique, descendre … Ils ont pu ainsi être réunis tous les trois, se dire tout ce qu’ils avaient à se dire, et même si c’était dans la douleur, vivre une « vraie communion « dans un amour mutuel… » Merci Seigneur, je l’avais tellement demandé dans mes temps de prière. C’était un jeudi, 8 jours avant le jeudi saint jour du décès de Pierre-Marie.

Nous redoutions ces funérailles en ces temps de confinement, mais bien qu’en effectif très limité, nous avons pu descendre sur le Larzac, et accompagner ce « passage » … En respectant tout ce qui était demandé (aller-retour sur la même journée, munis des attestations des pompes funébres… ) nous étions 10 à la célébration religieuse, comme le souhaitait le prêtre présent (re-merci Seigneur, là c’est une grâce, que je n’aurais oser demander !). Célébration simple et intime, où nous avons pu vivre entre nous la communion, témoigner et ainsi faire revivre de bons souvenirs…malgré nos masques !
La présence de 2 de nos trois fils (les jeunes mariés, et Nicolas) ont fait chaud au cœur … et ont permis d’adoucir l’absence de tous ceux qui ne pouvaient être présents (sœur, cousins amis…).

Quand le déconfinement l’autorisera, en temps raisonnable, nous nous retrouverons tous… c’est prévu . Mais les nombreux témoignages, les prières à distance, et toutes les pensées de ces nombreux absents ont porté Denise et David ; L’Esprit Saint aussi je le pense très fort, a soufflé discrètement et tendrement et a permis à ces deux là qui ne se lâchaient pas, de tenir debout jusqu’au bout. Bien sûr on aurait souhaité pouvoir se prendre très fort dans les bras …TOUS ! mais le peu de non-respect. ...des distanciations…le peu des manifestations que nous nous sommes autorisé avait une force immense…

Voilà ce premier mois de confinement a été pour moi un grand temps de prière ; Il est fort et il est doux le souffle de l’Esprit, et il est fidèle le Seigneur… aux petits qui le supllient.

Alléluia !

Marie-Thérèse