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Séance 10 du 13 Septembre
Article mis en ligne le 9 septembre 2019
dernière modification le 10 septembre 2019

par Luc

 Propositions pour la préparation de la séance 10 du 13 Septembre

Nous nous sommes quittés en Juin sur une dernière intervention de Job dans ce second cycle de dialogues alors qu’il recherche auprès de ses amis un réconfort qu’il ne trouve pas, alors qu’il vit de plus en plus mal sa relation à Dieu qu’il accuse même d’être la source de son mal.
Mais nous nous sommes surtout quittés alors que Job affiche depuis plusieurs chapitres une petite espérance, une espérance bien fragile, une espérance folle née dans la faille du chapitre 14. On a vu que cette espérance revenait inlassablement comme une vague sur les rochers.

"Dieu ? je le verrai. Mes yeux le verront" dit il.

Job répond encore, alors qu’il n’a plus que la peau sur les os et qu’il se voit déjà en poussière, oui il le verra et il nous confie que son désir de voir Dieu est tel qu’il consume ses entrailles comme un feu violent !

Mais qu’est-ce que voir Dieu ? et pour quoi faire ?

Nous nous sommes réjouis de voir que dans son cri, ses angoisses, sa colère, il ne coupe toujours pas sa relation avec Dieu même s’il s’inquiète de son silence. Cela a pu nous rassurer. Un peu de soleil sur un terrain bien miné...

Nous assistons avec ce chapitre 20 au deuxième retour de Sophar. Dès les premiers versets il dit la hâte qu’il a de répondre à Job.... L’interpellation s’annonce serrée. Il n’en démord pas. La justice divine se préoccupe du méchant qui ne va pas tarder à payer pour son iniquité.
Job va ainsi se retrouver encore une fois en arrière plan sur le banc des accusés.

Je vous propose de structurer notre échange en plusieurs temps :

— la lecture à voix haute de ce chapitre 20 pour permettre à chacun de se plonger à nouveau dans le texte ;
— un premier tour de table lors duquel on partagera l’ensemble des questions soulevées en lisant et travaillant ces versets ; Vous pourrez également souligner le passage qui vous a le plus interpellé ;
— une discussion pour entrer dans la structure et dégager les principales idées de ce texte ;
— un temps pour partager ensemble devant le Seigneur les prières que le travail de ce texte suscite en nous.

 Rappel de la Méthode

Je vous invite à préparer notre séance de la manière suivante, rien de bien neuf de ce côté là :

Faire une première lecture du texte en notant toutes les questions qui vous traversent l’esprit.
Faire une seconde lecture plus méticuleuse au plus proche du texte en cherchant à repérer la structure du texte en s’appuyant notamment sur les répétitions, les différentes tournures, les oppositions, etc.
Même si cela peut paraître fastidieux : continuez à rechercher les blocs qui ont leur cohérence, donnez leur un nom et voyez comment ils s’articulent les uns aux autres. En faisant ainsi, vous allez voir apparaître les intentions de l’auteur qui aideront à mieux entrer dans le texte.

Mais chacun doit suivre un peu son intuition. Si une phrase vous parle... il faut la laisser parler... Il y a des versets qui appellent plus que d’autres à la méditation.

  Quelques pistes à creuser :

Voilà quelques pistes au choix selon votre envie et disponibilité : mais totale liberté… d’aller passer par d’autres chemins bien sûr…. Nous avons déjà vu ensemble de nombreuses petites astuces pour entrer dans ces textes... chacun peut se construire sa méthode.

  • Certains commentaires expliquent que la pensée de Sophar n’est pas très structurée... mais que cherche t-il a démontrer et en quoi cela concerne-t-il Job ?
  • Quelle est la fonction dans l’argumentation de l’expression "L’oeil a vu" ; Versets 7 et 9 et encore le "Voici" du verset 23 ; Objectif qu’on retrouve clairement exposé dans la conclusion du verset 29.
  • Quel est l’enjeu du, toujours, dans le verset 7 ;
  • Le verset 10 introduit une idée qui pourrait préparer le procès de Job ?
  • L’ensemble du passage se structure autour de la bouche, du ventre ! Faire la liste de toutes ces images et dégager l’idée principale que ces images contribuent à renforcer ? Cela se passe de commentaires. C’est clair et net.
  • Observer comment Dieu est invoqué dans cette intervention ? Comment s’articule les versets où Dieu est explicitement en cause ;
  • Le verset 27 met en avant deux idées différentes.

Enfin, il faut aussi à un moment arrêter de faire travailler l’intellect et passer à une lecture spirituelle. Au-delà de l’histoire de Job, Sophar exprime ici avec une trés grande violence le désir de voir Dieu faire le ménage et règler enfin les comptes de ceux par qui le mal arrive. Il est difficile de ne pas être sensible à ces paroles car Sophar traduit là les pulsions qui nous traversent. Qui n’a pas désiré que le destin vienne taquiner ceux dont les comportements nous horrifient : que mes ennemis mordent la poussière... peut on chanter dans les psaumes ? La difficulté c’est que si la justice divine venait à s’exercer avec une telle radicalité, resterait-il encore des vivants sur terre ? Facile de désirer un jugement dernier spectaculaire surtout si on considère être du bon côté de la balance.... Comment prier Dieu face à ces réalités qui nous entourent. Au final, que souhaitons nous lui demander....

Et Job ? Qu’est qu’il va bien pouvoir répondre....

Je vous remets ci-joint la version des chapitres 20 sous WORD au cas où vous ne l’ auriez plus sous la main.