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Une première étape de franchie : une première halte
Article mis en ligne le 19 mars 2019
dernière modification le 24 mars 2019

Au mois de septembre, nous nous sommes retrouvés autour du texte de Job. Nous nous sommes engagés dans cette lecture pas à pas. Un véritable défi. Un texte long. Un texte difficile. La route est longue. Et nous tenons bon. Nous venons de franchir le premier cycle du livre de Job !

Progressivement, sans nous en rendre compte, l’effet de cette lecture collective et individuelle se fait sentir. Elle se fraye elle aussi son chemin. Comme sur la route d’un pèlerinage, nous nous découvrons.

La parole se libère peu à peu,

Comme le 4eme personnage à droite du médaillon de Notre Dame, (Voir l’article ici) nous sommes invités à passer d’une attitude où nous tendions simplement l’oreille pour entendre ce dont pouvaient bien échanger Job et ses amis, à une attitude toute différente ; celle qui consiste à se plonger nous aussi dans la conversation : finalement, qu’avons nous envie de dire à Job ?

Il est clair que son histoire vient bousculer ce que nous vivons, ce que nous sommes, nos propres certitudes, nos propres souffrances et toute la fragilité qu’elles révèlent.

Les termes du débat engagé ont pu nous provoquer : bien des arguments nous surprennent, voilà qu’à l’occasion de ces controverses, auxquelles nous sommes tentés de rajouter les nôtres, bien des images de Dieu se télescopent ; elles nous perturbent plutôt qu’elles nous rassurent. Mais comme nous l’avons vu dans notre dernier échange... la question n’est pas de se retrancher sur les savoirs que nous aurions sur Dieu et son dessein sur nous mais bien celle de pouvoir s’adresser directement à lui. "Taisez vous" dit Job, je veux parler, parler au Tout Puissant quoi qu’il m’arrive. Pouvons nous avoir l’audace de l’interpellation et reprendre à notre compte cette parole fulgurante ?

Chacun a pu noter tel ou tel passage en raison de sa puissance évocatrice d’émotions qui nous renvoient à nos propres expériences, tout simplement parce qu’il y a des formules d’une extrême profondeur et de vérité et finalement de toute beauté. La beauté fait du bien à l’âme.

Je vous invite à relire vos notes, à rebalayer ces chapitres, à reprendre et méditer la formule qui vous a le plus marqué : et pourquoi ne pas partager simplement entre nous ces quelques versets ? Car à force de s’étonner que Dieu reste silencieux... peut être a-t-il déjà parlé.

Tel un message que le pèlerin laisse sur le livre du Relais d’étape dans lequel il vient d’échanger avec d’autres jusqu’à très tard dans la nuit, tel un message laissé pour celui qui passera là et qu’on ne connaît pas, peu importe, tel un cadeau que Dieu nous donne et qui ne nous appartient pas et qu’il nous invite à transmettre.

Luc